Sur Nintendo Switch, le catalogue est souvent résumé par les jeux vidéo Mario, de Super Mario à Mario Kart. Pourtant, c’est dans un tout autre registre que se joue le retour d’Octopath Traveler : une aventure de fantasy au tour par tour, portée par huit héros et une direction artistique singulière. Disponible depuis le 1er octobre 2026 sur Nintendo Switch 2, cette version optimisée justifie-t-elle un nouvel achat ? Notre test-live apporte une réponse, avec une comparaison directe face à la Switch OLED.
Huit récits pour parcourir Orsterra à son rythme
Développé par Acquire et édité par Square Enix, ce JRPG nous emmène sur le continent d’Orsterra. Là où beaucoup de jeux vidéo imposent un héros unique, le joueur choisit ici son point de départ parmi huit voyageurs :
- Tressa, jeune marchande rêvant de découvrir le monde ;
- Ophilia, prêtresse engagée dans un pèlerinage ;
- Cyrus, érudit en quête de vérité ;
- Olberic, ancien chevalier poursuivi par son passé ;
- Primrose, danseuse animée par la vengeance ;
- Alfyn, apothicaire désireux d’aider son prochain ;
- Therion, voleur particulièrement habile ;
- H’aanit, chasseuse partie à la recherche de son maître.
Chacun possède ses motivations et ses aptitudes, et les héros peuvent ensuite rejoindre l’équipe, tandis que leurs histoires se découvrent dans l’ordre souhaité. Cette liberté est la grande originalité du titre.
Pendant le test-live, nous avons commencé avec Tressa, qui quitte son village portuaire de Rippletide, puis découvert les débuts d’H’aanit, dans un décor forestier qui tranche avec les quais et les pirates du premier scénario. Cette alternance illustre bien la variété des ambiances. Tous les scénarios n’ont pas le même impact, mais cette construction multiplie les points de vue et donne envie d’avancer. La narration prend toutefois son temps : les dialogues sont nombreux et certaines scènes pourront sembler longues aux gamers moins friands de JRPG traditionnels.
Les actions propres à chaque héros enrichissent aussi l’exploration. Tressa peut acheter des objets aux habitants, tandis que d’autres savent obtenir des informations, engager un duel ou recruter temporairement des alliés. La traduction française est soignée et les voix japonaises renforcent l’immersion, même si toutes les conversations ne sont pas doublées.
Une HD-2D toujours aussi évocatrice
Huit ans après ses débuts, Octopath Traveler conserve une identité visuelle remarquable. Les personnages en pixel art évoluent dans des environnements en trois dimensions, sublimés par la profondeur de champ, les ombres et les effets lumineux. Forêts, villages et côtes composent des tableaux animés, entre mouvements de végétation et reflets de l’eau. Cette esthétique rappelle l’âge d’or de l’arcade et des jeux vidéo rétro, tout en profitant d’une mise en scène moderne, bien loin de la course au réalisme d’un FPS ou de la réalité virtuelle.
Côte à côte, la Switch OLED et la Switch 2 révèlent surtout une différence de fluidité. La nouvelle console vise 60 images par seconde, contre 30 sur la version d’origine, sans forcément tenir ce rythme en permanence. Les déplacements paraissent plus souples et l’image légèrement plus nette, particulièrement en mode portable. Sur téléviseur, l’écart reste modeste, tant le jeu original était déjà réussi.
| Élément comparé | Version Switch 2 |
|---|---|
| Fluidité visée | Jusqu’à 60 images par seconde |
| Chargement mesuré sur la séquence comparée | Environ 17,5 secondes, contre 36 sur Switch |
| Contenu et gameplay | Pas de nouvel ajout majeur |
Des combats exigeants, sans nouveauté de fond
Le gameplay repose sur l’analyse des faiblesses ennemies. En frappant avec les armes ou éléments adaptés, l’équipe réduit les points de protection de l’adversaire jusqu’à provoquer une Faille, qui le neutralise temporairement et le rend plus vulnérable. Le système d’Exaltation permet parallèlement de stocker des points pour renforcer ses actions. Il faut donc planifier ses tours et choisir le bon moment pour frapper. Boss et zones exigeantes peuvent punir une équipe mal préparée, ce qui rappelle la rigueur des grands classiques du genre, de Final Fantasy à Pokémon pour la logique d’exploitation des faiblesses.
La bande-son de Yasunori Nishiki accompagne efficacement les combats et les voyages, entre thèmes mélancoliques et passages plus énergiques. Pour les amateurs d’autres univers imaginaires, notre sélection de jeux Avatar propose également des aventures aux ambiances marquées.
Un retour convaincant, surtout pour les nouveaux joueurs
Cette édition améliore le confort technique, mais n’ajoute ni personnage, ni scénario, ni évolution majeure du système de combat. L’absence de transfert des sauvegardes et de mise à niveau pour les possesseurs de la version originale pèse dans la balance. Au prix de 59,99 € indiqué lors du test-live, l’achat se défend pour découvrir les huit aventures et leur généreuse durée de vie, mais beaucoup moins pour rejouer à un titre déjà terminé.
Octopath Traveler reste un jeu vidéo de rôle stratégique et mémorable, dont l’attrait tient autant à la HD-2D qu’à la variété de ses héros. Sur Switch 2, il se montre plus fluide et plus confortable, sans transformer l’expérience. Si Orsterra vous est encore inconnue, manette en main, le voyage mérite le détour ; si vous avez déjà accompli ses quêtes sur Switch, les améliorations ne suffiront pas forcément à repartir pour un second périple.